
« Qu’est-ce qu’il est possible de faire pendant la cérémonie ? »
J’avais posé cette question au conseiller funéraire qui nous avait accompagnés lors du décès de mon père. Et il m’avait répondu « à peu près tout ce que vous voulez », en s’appuyant sur quelques exemples auxquels il avait assisté comme :
- aux obsèques d’un chasseur, ses compagnons de chasse étaient venus avec leur arme et avaient déposé la sienne sur son cercueil
- ou encore, aux obsèques d’un amateur de whisky, une bouteille avait circulé dans l’assemblée pour trinquer une dernière fois avec lui.
Mon père n’était pas chasseur et il ne buvait rien de significatif à part un jus de citron chaud le matin (ce qui ne nous avait pas semblé très pertinent pour lui dire au revoir). Par contre, il était marathonien, il avait couru son premier marathon quelques années avant de décéder et il en était très fier. Nous aussi d’ailleurs. Du coup, on avait suspendu sa médaille à un joli portrait de lui qu’on avait fait agrandir et posé sur un chevalet. Et on a ainsi réussi à construire une cérémonie ultra personnalisée.
C’était d’autant plus important pour nous que faire quelque chose de classique ne correspondait ni à sa personnalité, ni à l’âge et à la façon dont il est décédé. Toutefois, peu importe l’âge, une cérémonie d’hommage personnalisée, avec délicatesse et sincérité, permettra toujours de refléter davantage les valeurs et l’histoire de la personne disparue qu’une cérémonie classique. Et une cérémonie funéraire peut totalement être humaine et réconfortante et pas juste solennelle. Un bel au revoir, fidèle à celui ou celle que l’on souhaite honorer, peut d’ailleurs apaiser un peu la douleur de sa perte.
Maintenant, voici quelques pistes de personnalisation auxquelles on ne pense pas toujours spontanément pour célébrer la vie de quelqu’un. Parce que la perte de quelqu’un – même si on s’y attend – reste toujours un choc et ce n’est pas vraiment le genre de moments dans lesquels notre esprit est le plus clair. La peine peut nous paralyser et nous empêcher de penser à quoi que ce soit.
1. Choisir un lieu qui a du sens
- Une cérémonie religieuse peut avoir lieu à l’église ou dans la salle de cérémonie des crématoriums. Cette deuxième option permet ainsi une plus grande personnalisation de l’hommage tout en restant dans le respect de ses croyances.
- Une cérémonie laïque (officiée par le maître de cérémonie des pompes funèbres ou du crématorium ou un officiant indépendant) peut être célébrée dans la salle de cérémonie des crématoriums, mais également dans une salle municipale, dans un jardin ou un espace extérieur autorisé ou encore dans un lieu culturel ou associatif.
2. Imaginer un rituel symbolique
Les rituels créent un lien émotionnel fort et permettent aux proches de participer activement à l’hommage. On peut, par exemple :
- allumer une bougie ;
- déposer un objet personnel sur le cercueil ;
- écrire sur le cercueil à l’aide de feutres adaptés ;
- planter un arbre ou une fleur du souvenir.
3. Écouter de la musique
La musique accompagne les émotions et peut évoquer des souvenirs forts. Que cela soit les chansons préférées de la personne disparue, des musiques calmes ou encore une interprétation live, elles peuvent être diffusées :
- lors de l’entrée des proches dans le lieu de cérémonie ;
- pour marquer des pauses entre les discours ;
- pour accompagner un rituel symbolique ;
- pour accompagner la projection d’un diaporama photo ;
- au cimetière pour accompagner la mise en terre.
4. Partager des mots et des souvenirs
Les mots prononcés durant une cérémonie comptent énormément, et chaque voix apporte une nuance différente et donnent à l’hommage une dimension humaine plus forte. Elles peuvent prendre plusieurs formes :
- un récit de vie ;
- des anecdotes marquantes ;
- une lettre adressée au défunt ;
- un poème ou un texte inspirant.
5. « Décorer » le lieu
Une ambiance personnalisée donne à la cérémonie un ton plus intime et chaleureux. Vous pouvez ainsi :
- placer un portrait sur un panneau ou le diffuser sur écran ;
- disposer des objets symboliques (instrument de musique, livre, souvenir de voyage…) ;
- fleurir le lieu ;
- installer une table du souvenir avec un livre hommage ou une urne pour recevoir des petits mots.
6. Préparer un livre d’hommage
Un livret peut accompagner les proches et devenir un souvenir précieux. Il peut rassembler :
- une photo du défunt ;
- le déroulé de la cérémonie ;
- les textes et musiques choisis ;
- un message de remerciement de la famille.
Il peut également être réalisé après les obsèques et compiler les discours prononcés, les petits mots reçus avec les fleurs ou dans le livre d’or.
7. Disperser les cendres
Dans le cas d’une crémation, vous pouvez choisir de laisser l’urne au cimetière :
- dans un caveau familial avec des cercueils,
- dans un cavurne (un caveau – sur le même principe que pour les cercueils – mais plus petit puisqu’il ne contient que des urnes)
- Dans un colombarium (un monument cinéraire collectif avec plusieurs niches hors sol dans lesquelles on n’enterre pas mais on vient placer une – ou plusieurs – urne et qui coûte donc moins cher que le cavurne).
Mais les cendres peuvent également être :
- dispersées en pleine mer ou en pleine nature (loin de toute habitation ou de tout passage) ;
- immergées dans des urnes submersibles et biodégradables, loin des côtes ;
- « plantées » au pied d’un arbre dans des forêts cinéraires comme celle d’Arbas en Haute-Garonne (la première de France inaugurée en 2019) dans un pochon en tissus biodégradable.
Je me souviens qu’après la cérémonie en l’honneur de mon père, une cousine m’avait dit qu’elle venait juste de le découvrir, qu’elle ne le voyait pas du tout comme ce que l’on avait raconté comme anecdotes ou ce que l’on avait projeté comme photos. Sur le moment ça m’avait surprise. Et en même temps il est vrai qu’on est souvent différents dans l’intimité et en public. Je m’étais alors souvenue que dans les repas de famille il était plutôt spectateur du moment, que ce n’était pas celui qu’on entendait le plus, alors qu’avec nous à la maison il avait énormément d’humour et essayait de nous faire rire, ce qu’elle ne soupçonnait pas du tout. Je m’étais alors dit que cette cérémonie était une réussite et qu’on avait réussi à transmettre qui il était.

